Laura Divine & Joanne Hunt
New Ventures North
Les conversations sont des lieux d'interaction; des espaces où nous montrons non seulement le contenu de nos pensées/idées, mais aussi la manière dont nous choisissons de les partager; où nous cherchons à comprendre et à être compris; où nous transférons de l'information, prenons des décisions, créons ensemble des idées et réinventons notre travail. En conversation, nous sommes un assemblage d'individus reliés par le langage et le dialogue. Les conversations révèlent qui nous sommes et comment nous sommes façonnés par les conversations dans lesquelles nous sommes engagés.
Pourtant, bien souvent, les gens se sentent frustrés ou maladroits dans les conversations. D'où ces plaintes :
Beaucoup s'imaginent qu'une conversation a pour but d'« amener les gens à penser comme nous »; que notre rôle est d'exprimer notre avis et que le rôle de nos interlocuteurs est de voir les choses comme nous. Or, cette façon de tenir une conversation ou une réunion peut transformer l'interaction en « poste d'émission et de réception de messages », au lieu d'en faire un espace de communication par la parole. Elle peut aussi provoquer des rancœurs (tout ce qu'ils font, c'est me donner leurs opinions); des jugements (ça n'a pas fonctionné - c'est clair qu'ils ne voient pas les choses comme moi); des frustrations (chacun ne fait que parler sans écouter) et des reproches ( « ils » ne comprennent rien).
Comment pouvons-nous rendre nos échanges plus efficaces ? À titre de « coach », on nous demande parfois des « tuyaux », des stratégies pour faire passer les messages. Cette méthode d'« amélioration » de la communication ne vaut finalement que pour une situation donnée et s'avère inapplicable dans une foule de cas. Étant à sens unique (comment JE fais passer MON message), la méthode ne peut guère apporter cette connaissance de soi-même qui aide à former les bons communicateurs avec le temps.
Pour modifier durablement notre comportement dans les conversations, nous devons progressivement évaluer et mettre en œuvre quelques éléments essentiels, qui influent sur notre efficacité en conversation. Ces facteurs sont les suivants :
RYTHME - C'est devenir plus conscient de notre vitesse et de notre intensité dans certaines situations; savoir quand parler ou écouter; être en résonance avec notre propre « rythme » et celui de l'autre; adapter le « rythme » au fur et à mesure.
ACQUIESCEMENT - Acquiescer, c'est consentir à être influencé par d'autres; s'intéresser à ce qui se passe autour de nous; céder au lieu de s'acharner contre les forces qui nous entourent; interagir efficacement avec ces « forces » diverses.
DISCIPLINE - C'est rester ferme et lucide dans nos intentions malgré l'inconfort, le chaos et l'inconnu; rester patient et rationnel dans nos intentions; s'exprimer avec habileté en fonction de nos intentions.
ÉCOULEMENT DE POUVOIR - C'est l'écoulement de notre « pouvoir personnel », pas celui lié à notre position ou notre rang; notre pouvoir personnel peut s'écouler lorsque nos attentes transparaissent dans nos façons de communiquer; nos rancoeurs, nos frustrations, ou nos prises de position fortes; ces manifestations influent sur notre image et peuvent miner notre pouvoir personnel; cet « écoulement » peut également drainer notre énergie.
Les sections suivantes montrent comment ces éléments peuvent se révéler dans nos comportements visibles et nos dialogues intérieurs. On y trouve également quelques questions et pratiques d'observation. Vous pouvez ainsi commencer à travailler sur chacun de ces éléments. Nous vous recommandons de noter le ou les éléments qui pourraient vous rendre plus efficaces en conversation et de vous attaquer aux questions et pratiques connexes. Vous trouverez, à la fin de l'article, des instructions sur la façon d'élaborer votre pratique personnelle.
Comportements possibles
Sentiments possibles
Posez-vous les questions suivantes au cours des conversations/réunions :
Comportements possibles
Sentiments possibles
Posez-vous les questions suivantes au cours des conversations/réunions :
Comportements possibles
Sentiments possibles
Posez-vous les questions suivantes avant (et durant) les réunions :
Comportements possibles
Sentiments possibles
Posez-vous les questions suivantes au cours des conversations/réunions :
ISi vous travaillez régulièrement à partir de ces éléments et des pratiques correspondantes, non seulement deviendrez-vous plus efficace en conversation mais vous serez aussi moins enclin à rejeter le blâme sur (et à laisser le pouvoir à) « eux », « les gens de l'autre ministère ».
Choisissez un de ces éléments et observez-vous pendant quelques jours pour voir où vous vous situez face au rythme, à l'acquiescement, à la discipline, ou à l'écoulement de votre pouvoir. Une fois établi votre « point de départ », fixez-vous un niveau d'amélioration réaliste. Chacun a sa façon d'évaluer une amélioration, selon son point de départ et ses objectifs. Expliquez en termes de comportement ce qu'une amélioration signifie pour vous. Passez ensuite à une pratique simple au cours d'une ou deux conversations par jour, en utilisant un des quatre éléments indiqués. En fin de journée, vérifiez régulièrement vos résultats par rapport à vos objectifs. Refaites la pratique pendant deux semaines afin de bien l'assimiler avant de choisir la pratique suivante. Commencez sur une petite échelle.