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Mon histoire de coaching

Par Keith Fernandez
Été 2000

Photographie de Keith Fernandez

J'ai reçu l'appel en février 1999. J'étais un des 23 candidats du deuxième exercice qui avaient réussi le Programme de perfectionnement accéléré des cadres supérieurs (PPACS). J'étais au septième ciel! Le fait d'avoir été choisi parmi autant de candidats méritants témoignait de la qualité de mon travail à la Direction générale des douanes de Revenu Canada. À la lumière de mes conversations avec certains des candidats retenus lors du premier exercice, je sentais que ce programme était fait pour moi. En prévoyant des affectations enrichies dans divers ministères fédéraux, en mettant l'accent sur l'apprentissage et en offrant un réseau d'entraide formé de petits groupes de pairs, de coachs, de mentors et de conseillers, le PPACS me plaisait en tant qu'individu. J'avais le sentiment que je ne serais pas laissé à moi-même, que le « système » assurerait le succès de mon expérience. J'avais hâte de commencer.

L'orientation s'est faite en avril. En juin, c'était le forum d'emploi : je devais choisir parmi un éventail d'affectations enrichies. J'ai écouté très attentivement ce que les candidats du premier exercice avaient à dire sur la façon dont ils avaient choisi leur première affectation et sur le type de poste à envisager. J'ai activement exploré deux possibilités au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC). Trois autres ministères étaient intéressés par ma candidature. À ma grande satisfaction, j'ai obtenu le poste que je voulais au MAINC, et il a été convenu que j'entrerais en fonction à la mi-juillet.

Le destin a frappé au moment où j'allais partir en vacances avec ma famille. Deux jours avant le départ, je me suis retrouvé à l'hôpital. Diagnostic : angine de poitrine aiguë et instable. Puis on procéda à un angiogramme et à une angioplastie, en me disant que je pouvais m'estimer chanceux d'être encore en vie. Deux de mes artères étaient bouchées, et une troisième était sur le point de le devenir. J'étais sous le choc, moi qui avais toujours surveillé mon alimentation et qui faisais de l'exercice régulièrement. Je n'avais pas un comportement de type A et je m'efforçais d'équilibrer travail et vie de famille. Malgré tout, mon corps m'a lancé un sérieux avertissement : ralentis! Je ne suis entré au MAINC qu'en septembre, après la Fête du travail.

Dès décembre, je me suis senti dépassé. Le MAINC était un monde totalement différent. Je me sentais appuyé, mais je n'avais jamais affronté de tels défis. Non seulement il me fallait plus de temps pour me rendre au bureau, à Hull, mais les logiciels n'étaient pas ceux de Microsoft et les acronymes, le jargon et le dédale administratif étaient tous nouveaux pour moi. En plus, mes médicaments fonctionnaient mal. Les anticoagulants ralentissaient mon rythme cardiaque. J'étais engourdi le matin, et au milieu de la journée j'étais figé. J'avais de la difficulté à me concentrer et je n'arrivais pas à m'en sortir. Je me sentais démuni. Je recevais de bons soins médicaux, mais j'avais besoin de quelqu'un qui m'aiderait à remonter au niveau de rendement dont je me savais capable. J'avais besoin d'un coach.

J'en ai parlé à mon conseiller exécutif à la Commission de la fonction publique qui, avec l'aide de son partenaire, le Centre canadien de gestion (CCG), m'a transmis les noms de trois coaches que je pourrais interviewer. Je me rappelais qu'à l'étape de l'orientation, certains candidats du premier exercice avaient souligné l'utilité des coaches et la nécessité de choisir quelqu'un avec qui on se sent à l'aise.

Le conseiller du CCG m'a suggéré de travailler avec Chris Wahl. J'ai donc appelé cette dernière et nous avons discuté brièvement de ma situation. Elle devait justement venir à Ottawa pour rencontrer des clients et nous en avons profité pour fixer un rendez-vous. Je voyais cela comme une rencontre préliminaire pour vérifier si nous avions des « atomes crochus ». On m'avait bien averti qu'il était tout aussi important pour le coach que pour « le coaché » de se sentir à l'aise. En fin de compte, nous avons discuté pendant presque deux heures. C'était une conversation très personnelle. Après cela, je savais que je pouvais travailler avec Chris. Elle m'a aidé à voir plus clair avec une approche très directe et très humaine que je pouvais facilement comprendre. Au terme de notre rencontre, j'avais retrouvé ma confiance : je savais qui j'étais et ce que j'avais à faire.

Dès le début, Chris m'a aidé à ralentir et à me consacrer plus de temps. Elle m'a demandé de noter mes activités durant la journée. Mon agenda était rempli du matin jusqu'à tard le soir. Je ne m'accordais pas assez de temps (quoique Chris paraissait étonnée de voir les efforts que je faisais). Même dans l'autobus, je m'efforçais de lire le journal ou un livre d'affaires pour me tenir au courant de l'actualité politique et économique. Chris m'a suggéré de profiter de ce moment pour relaxer et faire le bilan de la journée. Quand j'ai commencé à le faire, j'ai découvert que j'avais le temps de respirer. J'avais aussi plus de temps pour établir des priorités et me concentrer sur les choses vraiment importantes.

En fin de semaine, je me croyais généralement obligé de travailler pour ne pas prendre de retard. Quand j'entrais au bureau le lundi, mon travail de la fin de semaine n'était plus pertinent. Encore là, Chris m'a beaucoup aidé en me donnant sa « bénédiction » pour prendre congé les week-ends. Je dois préciser qu'avant d'entrer dans le PPACS, je n'avais jamais eu un comportement de type A. Bien sûr, il m'arrivait de travailler la fin de semaine, mais seulement lorsque c'était nécessaire (c'est à dire peu souvent). Depuis mon arrivée au MAINC, j'avais l'impression de travailler tout le temps. Le changement s'était fait de façon si subtile que je ne l'avais même pas réalisé, et je n'aimais pas ça. Mon coach m'a aidé à comprendre comment je m'étais laissé prendre au piège.

Chris m'a aussi aidé à trouver des façons de faire appel à des collègues en vue d'atteindre les objectifs qu'on m'avait fixés. À toutes les deux semaines environ, nous avions une conversation téléphonique d'au moins une heure pour faire le point sur mes progrès et mes nouveaux défis. Nous communiquions aussi par courriel. En février de cette année, je travaillais à une présentation très difficile pour le Cabinet, mais mon état d'esprit avait complètement changé. J'étais à l'aise avec ce qu'on me demandait; je ne me sentais aucunement dépassé. De fait, mon supérieur immédiat faisait des commentaires très positifs sur mon travail et me trouvait très détendu malgré les pressions intenses auxquelles j'étais soumis.

Le coaching de Chris m'a d'abord amené à écouter ma « voix intérieure » dans le brouhaha du quotidien, à retrouver la confiance qui m'habitait avant mes problèmes de santé et à me créer un nouveau « cadre opérationnel » au MAINC. Il s'agissait d'une première étape importante, sans laquelle je n'aurais pas eu une base assez solide pour continuer.

Le coaching tend essentiellement vers des percées de performance. Chris m'aide maintenant à progresser vers ces nouveaux paliers de performance. Nous avons commencé à identifier ma stratégie gagnante, qui est, en quelque sorte, la conception de la vie grâce à laquelle j'ai pu me rendre là où je suis aujourd'hui. Pour réaliser une vraie percée, je devrai toutefois laisser cette conception de côté et trouver d'autres voies. J'en apprécie l'utilité, ayant frôlé l'autodestruction dans les premiers temps de mon affectation. Ma nouvelle stratégie consiste en partie à prendre plus de risques, à montrer plus d'assurance sans être agressif, à me fixer un cadre de travail précis et à apprendre à dire les choses impopulaires qui doivent être dites. Grâce au coaching, je sais que ces percées sont à portée de la main.