Par Pamela Pritchard
Alex Vincent, gestionnaire et membre du programme Cours et affectations de perfectionnement (CAP), a bien voulu nous parler de son engagement profond envers le coaching et de son espoir de contribuer à la création d'une culture du coaching dans la fonction publique.
Il y a deux ans, Alex a été initié aux fondements du coaching dans le volet éducation du CAP. Cette expérience l'a incité à explorer les possibilités de travailler différemment avec les gens pour obtenir des résultats à long terme.
Il a donc contacté Paul Lefebvre du Réseau du leadership en vue d'utiliser le coaching pour régler certains problèmes concrets. Père d'une jeune famille et toujours pressé, Alex a décidé d'explorer le sujet de l'équilibre travail-vie. Paul et lui ont rassemblé une petite équipe de participants du CAP décidés à trouver des solutions à ce problème. Le groupe a travaillé avec Jim Selma, coach professionnel, et Dawn Nicholson O'Brian. Ses membres ont participé à un processus de coaching virtuel par téléphone et courriel. L'expérience s'est conclue par une discussion en groupe tenue en décembre 2001 au Centre canadien de gestion et destinée à encourager les leaders à intégrer le coaching dans leurs organisations tout en recevant eux-mêmes du coaching.
Le coaching a pris une telle importance pour Alex qu'il a décidé de devenir coach professionnel. Il a suivi un programme de six mois, puis s'est engagé dans un deuxième programme d'un an pour devenir coach certifié. Dans le cadre de sa formation, il devait commencer à coacher des clients. Voici donc le compte rendu de cette expérience.
Pour réussir son premier programme de coaching, Alex a travaillé avec deux clients, tous deux des collègues, dans le cadre d'une affectation CAP. Il ne cachait pas son inexpérience comme coach et la nécessité de se perfectionner. Son but était de fournir à ses clients des services de coaching qui les aideraient à devenir plus efficaces.
Un des clients passait d'un poste non professionnel à un poste professionnel - un grand tournant. Quitter son milieu familier pour se lancer dans une courbe d'apprentissage abrupte n'était pas évident. Le client croyait nécessaire d'être parfaitement préparé à sa nouvelle profession et voulait que le coaching facilite cette préparation.
Le second client avait toujours travaillé dans un cadre étroit, très structuré. Excellent dans son rôle, il avait besoin d'assumer des défis organisationnels beaucoup plus grands pour avancer dans sa carrière. Il était décidé à élargir ses horizons, mais éprouvait une énorme anxiété face aux défis qui l'attendaient.
Alex a immédiatement compris qu'il devait mettre en pratique les principes fondamentaux de la relation de coaching : confiance, respect et liberté d'expression. Son ouverture d'esprit, son honnêteté et son désir de tout mettre sur la table incitaient ses clients à l'imiter. Ils connaissaient son engagement et réagissaient en conséquence.
Ses grandes qualités d'écoute et de présence ont amené ses clients à s'engager pleinement dans la démarche et à participer à l'établissement de leurs programmes de coaching. En outre, son travail dans le programme de six mois lui a permis d'approfondir encore davantage son introspection et ses propres pratiques, et d'affermir ainsi sa relation avec ses clients.
Une fois la relation bien établie et les clients prêts à parler de leur situation et de leurs défis, des thèmes communs - presque des luttes essentielles - sont apparus. Alex a vu beaucoup de compassion et de courage chez ses clients, même s'il savait qu'ils ne se considéraient pas eux-mêmes comme courageux. Il a déployé beaucoup d'efforts pour les aider à trouver en eux la confiance et la force de prendre à bras-le-corps les changements qu'ils devaient affronter. Il employait des métaphores pour les aider à découvrir de nouvelles possibilités qu'ils pourraient exploiter et ne cessait de les encourager à expliquer leur monde dans leurs propres termes, de manière à ce qu'ils puissent l'habiter différemment, plus efficacement.
Ses clients ont commencé à avoir une nouvelle vision des choses. Ils essayaient d'autres façons d'aborder les problèmes et cherchaient en quoi ces approches pouvaient les aider ou leur nuire. Alex les encourageait à comprendre que le stress et la crainte n'étaient pas mauvais en soi mais étaient inhérents à tout changement et que le défi consistait à trouver des moyens d'utiliser cette énergie différemment. Pour les deux clients, c'était là une révélation qui leur donnait des outils d'analyse nouveaux et puissants.
Pour Alex également, le coaching donnait des résultats remarquables. Il s'efforçait toujours d'aider ses clients à devenir des gestionnaires capables de se corriger et de se former eux mêmes, et d'améliorer leur rendement à long terme. Sa capacité d'introspection se renforçait, ce qui le rendait de plus en plus curieux du monde qui l'entourait. Il s'est mis à réfléchir différemment à son travail et à adopter des comportements plus productifs. Il se sentait plus calme, plus doux. Il se voyait grandir et apprendre quotidiennement - c'était comme réapprendre à marcher.
Le fait de coacher de " vraies " personnes a renforcé son engagement de diffuser la culture du coaching dans la fonction publique - dans un seul ministère ou dans toute l'organisation. Le coaching est devenu pour lui une vocation plutôt qu'un outil parmi d'autres dans sa trousse de leader.
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