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Contexte : « Le gestionnaire de crises »

Par Pamela Pritchard

J'étais chargé de gérer la fusion de deux directions générales - en fait, la plus petite avalait la plus grande. Le stress était énorme, et tout le monde croulait sous la tâche. Bien sûr, il y avait des tensions entre les deux anciennes directions, et la crainte d'autres mesures de réorganisation était omniprésente. Les gens étaient irritables, craintifs et épuisés. Ce n'était vraiment pas un contexte de travail agréable.

J'aimerais pouvoir dire que j'étais enchanté du défi, mais ce n'était pas le cas. J'avais espéré qu'on me confie un autre rôle, mais on m'a choisi spécialement pour celui-ci, et j'ai ainsi perdu l'occasion d'obtenir un poste que je convoitais depuis quelque temps. J'étais qualifié pour diriger le volet ressources humaines de cette transition, mais le cœur n'y était pas vraiment. J'en avais assez d'être toujours celui qu'on appelle quand les choses vont mal. C'était ma quatrième affectation du genre, et je commençais à penser qu'on m'avait classé comme un spécialiste des causes perdues.

Je me sentais captif des menottes dorées qu'on met aux fonctionnaires de carrière. Malgré ma grande expérience, je n'étais plus aussi négociable qu'avant et j'étais devenu un pion du " système ". Ce malaise ne m'empêchait pas d'aimer réellement la fonction publique, mes collègues et de nombreux aspects de mon travail. Mais je devais admettre que j'avais le moral bas.

Dans le cadre de la transition, les gestionnaires et les employés se voyaient offrir certains outils pour faire face à l'incertitude. Outre les cours et ateliers, nous pensions offrir du coaching à nos cadres supérieurs. Comme aucun de nous ne savait ce que c'était de travailler avec un coach professionnel, je me suis offert comme " cobaye ".

Objectif

Mon objectif personnel était de changer d'emploi : je voulais quitter celui-ci au plus vite. Mais ma coach, Pamela Pritchard, voyait plus grand. Selon elle, changer pour changer ne réglerait pas mon problème. Au-delà de l'urgence de changer, il fallait comprendre pourquoi j'étais si malheureux et pourquoi la dernière série de postes m'avait laissé déçu et insatisfait. À quoi me servait-il de changer d'emploi sans une idée claire de ce qui me serait le plus profitable?

Il y avait un autre but : faire la paix avec moi-même en fin de carrière. J'étais dans la cinquantaine, et huit années me séparaient de la retraite. J'avais l'habitude de me dénicher des postes, en général très visibles et très actifs, qui me permettaient de tout orchestrer moi-même. Mais les derniers, je ne les avais pas choisis, et je me sentais de plus en plus éloigné du centre de décision. Les meilleurs postes allaient à de jeunes gestionnaires en pleine ascencion. Pour comble, on venait d'offrir à ma conjointe un poste en or et franchement, je l'enviais autant que j'étais fier d'elle.

Relation de coaching

Pour que la relation de coaching fonctionne, j'ai décidé de m'engager à fond dans le processus. Je ne savais presque rien sur le coaching et n'avais aucun point de repère. Mais ça me rassurait de savoir que ma coach était au courant des changements que traversait notre ministère. Nos premières conversations ressemblaient un peu à une danse : une foule de questions valsaient de part et d'autre tandis que nous explorions les possibilités du coaching et les résultats que je visais.

J'ai eu confiance en ma coach et dans le processus dès que j'ai mieux compris comment nous allions travailler. Un facteur essentiel à mes yeux : je devais m'engager à faire le travail demandé et j'étais parfaitement libre d'apporter des ajustements ou même de refuser ce qui ne me convenait pas.

Programme

Nous travaillions sur plusieurs fronts, et avons mis de côté la question du changement d'emploi. Pour réduire mon stress et mieux me concentrer, j'ai pris l'habitude de sortir le midi pour faire une marche. Arrêter de travailler pour manger était un grand changement et je n'arrivais pas à le faire tous les jours. J'ai commencé par le faire deux fois par semaine. Avant de retourner au bureau, je m'auscultais pour déceler des signes de stress, et je prenais quelques instants pour me détendre et voir mes activités de la journée sous un autre angle. J'ai vite décidé de prendre tous mes repas du midi hors du bureau : l'énergie et la concentration que j'y gagnais étaient trop évidents.

J'ai ensuite pris l'habitude de recevoir un massage professionnel deux fois par mois. Je n'avais jamais reçu de massage et j'étais très sceptique. Mais ça m'a apporté un regain d'énergie et une détente remarquables. J'ai aussi constaté qu'en arrêtant toute activité cérébrale pendant une heure, j'ouvrais la porte à de nouvelles idées et perspectives.

J'ai commencé à me voir autrement en action. Je notais les genres de situations, de personnes et d'entourages qui me stressaient ou me stimulaient. Certains facteurs récurrents se sont précisés, et j'ai pu établir des liens entre ceux-ci et les crêtes et creux de ma carrière, et même de ma vie. J'ai ainsi découvert que j'étais quelque peu " intoxiqué " à l'adrénaline du prestige et de la pression. J'avais constamment besoin d'être plongé au cœur de l'action. Les désastres me stimulaient autant que les beaux défis; tant qu'il y avait extase ou agonie, je me sentais vivre. Le problème, c'est qu'aussitôt passé le moment d'exaltation, j'avais besoin d'une autre mission impossible.

Mon travail d'alors ne me procurait pas les hauts et les bas dont j'avais toujours besoin. Pour moi, ce n'était qu'une corvée.

J'ai aussi commencé à chercher à tirer la même énergie d'activités plus modestes, plus tranquilles et plus durables. Pour moi, c'était la tâche la plus ardue! C'était comme changer mon identité, ou ma définition de la réussite. Mais j'étais fatigué de courir après les extrêmes, et j'en avais assez de cette sensation de vide que j'éprouvais quand tout était fini et que je devais me préparer à un autre grand défi.

Résultats

Je n'ai pas atteint mon objectif initial, qui était de quitter mon travail. J'ai choisi de rester jusqu'à la fin de la transition pour ensuite réévaluer mes options. La décision n'a pas été facile et il y a eu plusieurs jours où je ne songeais qu'à m'enfuir - ça m'arrive encore! Mais plus j'étais assidu dans mes exercices physiques (je fais maintenant une marche quotidienne, et même une promenade le soir avec ma conjointe), plus je trouvais des moments pour m'observer calmement. Je voyais certaines choses qui me plaisaient, et beaucoup dont j'aurais pu me passer.

Je constatais que mon besoin de pression et de rapidité créait souvent du travail inutile pour mon entourage. Je notais que le stress me rendait sarcastique et arrogant, deux défauts que j'abhorre chez les autres. Je voyais que lorsque j'étais calme et détendu, je prenais de meilleures décisions et déléguais facilement. J'étais un meilleur coach quand j'étais capable de mettre mes besoins de côté pour me concentrer sur ce qui se passait au sein de mon personnel.

Dans mes conversations avec ma coach, je ne pouvais pas éviter le sujet : je devais faire face à certaines de mes tendances et leurs motivations. Il m'arrivait de me présenter sans avoir de sujet à discuter - c'est du moins ce que je croyais. C'était souvent ces jours-là que j'avais les meilleures idées. Ma coach ne m'a jamais laissé me défiler et m'a appuyé dans mon changement de vie avec douceur et respect.

Je crois être devenu un meilleur communicateur, c'est du moins ce qu'on me rapporte. Je dis plus clairement ce que je veux, et la qualité de ce que j'obtiens en retour ne cesse de s'améliorer. Je m'efforce de conserver cet état d'esprit centré qui me donne le maximum d'efficacité. J'adore coacher les autres, et je cherche à intégrer cette activité à mon travail en tout temps.

Le plus grand changement est peut-être que je peux reconnaître les petites victoires que je remporte, et d'en tirer une vraie fierté. J'ai découvert l'existence d'une zone intermédiaire, qui est moins ennuyeuse que je croyais! Il m'arrive encore de vivre des hauts et des bas, mais je peux être à l'aise face aux résultats moins évidents.

Conseils pour travailler avec un coach

  • Engagez-vous à fond : si vous n'êtes pas convaincu, les résultats ne seront pas convaincants.
  • Travaillez sur une base solide : assurez-vous que la chimie fonctionne entre votre coach et vous.
  • Faites le travail et, lorsque vous ne le faites pas, car vous ne le ferez pas toujours, tirez-en une leçon de toute façon.
  • Considérez chaque échec comme une occasion d'apprendre.
  • Utilisez pleinement votre coach : hésitations et cachotteries ne feront que retarder vos progrès.
  • N'ayez pas peur de faire marche arrière si la charge est trop lourde : à un moment donné, j'étais tellement débordé d'exercices et de lectures que j'ai cru que j'allais exploser. Nous avons ralenti la cadence et tout s'est replacé.
  • Faites le travail même si ça paraît étrange. Le processus est cohérent. Ayez confiance!