Par Kathleen Keenlyside
Représentante de la Région du Pacifique depuis trois ans au Conseil de la communauté nationale des gestionnaires (CCNG), j'ai eu la chance de travailler non seulement avec des gens formidables de partout dans la fonction publique (qui sont depuis devenus des amis), mais également avec des experts en leadership.
J'ai rencontré Paul Lefebvre en mai 2002 à la réunion du CCNG, à Ottawa. Nous nous sommes revus en septembre 2002 à la réunion suivante du CCNG, à Halifax. Paul présentait au Conseil les principes, les outils et les pratiques de son modèle de coaching en leadership. Je découvrais alors une nouvelle façon de voir le monde grâce au langage et à l'observation. Paul, et sa présentation sur le coaching, m'avaient tellement impressionnée que je lui avais demandé de venir à Vancouver en novembre 2002 pour faire une présentation sur les 'pratiques de coaching pour gestionnaires' devant autant de gestionnaires que je pouvais réunir. J'étais à ce point impressionnée que j'ai invité Paul à se joindre à moi dans mes efforts (ou était ce un défi?) pour « changer le monde » (un de mes objectifs personnels, du moins dans le cadre de la fonction publique). Et… il a accepté! Ainsi naissaient un partenariat et une amitié.
Paul est donc venu à Vancouver. Je l'ai vu présenter les pratiques de coaching à environ 200 gestionnaires et quelques dirigeants de la fonction publique. J'absorbais tout et j'apprenais quelque chose de nouveau à chaque séance. J'ai vu et entendu à quel point la vie des gestionnaires s'en trouvait changée. Je pouvais VOIR et SENTIR l'énergie dans les salles - dans les yeux et la voix des participants, et la voix que j'entendais en moi était la plus forte. Voilà comment on mobilise l'énergie en coaching dans la fonction publique : un fonctionnaire à la fois. Je n'avais jamais été aussi touchée par une présentation. Certains membres de mon personnel qui avaient assisté aux séances sont venus me dire à quel point l'enseignement de Paul leur avait ouvert les yeux et combien tout cela semblait concret. Wow!
J'ai assimilé ces expériences et ces connaissances, les conservant précieusement. J'ai parlé avec Paul à plusieurs reprises par la suite et j'ai recueilli des commentaires des participants. Je voulais continuer à explorer le coaching, peut-être en mettant sur pied une communauté de pratique ou en suivant le cours de coaching de cinq jours offert par le Centre canadien de gestion (CCG). Mais je ne savais pas trop comment m'y prendre ni par où commencer. Alors je me suis concentrée sur les problèmes quotidiens de la vie personnelle et professionnelle. J'attendais que quelque chose se passe…
C'est arrivé le 13 janvier 2003. J'ai reçu un appel d'un homme qui coordonnait une journée d'apprentissage régionale pour tous les employés du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC). Il avait entendu parler de Paul Lefebvre et de ses présentations de novembre sur le coaching - et voulait vraiment inclure cette activité dans la journée d'apprentissage. La chance (ou le destin) a voulu que Paul ne puisse y assister, mais il a donné mon nom à cet homme en me recommandant chaleureusement pour DONNER la présentation.
J'ai expliqué à Paul que j'étais très mal à l'aise. Je n'étais pas un maître en coaching comme lui, je ne faisais que commencer à connaître ce modèle. Et si j'échouais? Et si je me couvrais de ridicule? Et si je décevais Paul? Et si je n'étais pas capable…?
Paul m'a encouragée à prendre la demande au sérieux. Il m'a rappelé l'engagement que j'avais pris envers lui en septembre : changer le monde. Il m'a aidée à voir que c'était l'occasion de faire le premier pas dans cette direction. Il m'a dit qu'il était impressionné par mes capacités et que, d'après ce qu'il avait vu de moi, il était certain que je possédais tout ce qu'il fallait pour réussir, si je décidais de relever ce défi. Il a promis de m'apporter toute l'aide nécessaire et de me coacher étape par étape.
Comment refuser une offre pareille?!
J'ai rappelé l'homme du MAINC et j'ai accepté de diriger DEUX séances sur le coaching, de 50 personnes chacune, pour la journée d'apprentissage. Une folie? Peut-être!
Puis, ce fut le miracle… Une ancienne amie et collègue, maintenant directrice des RH au MAINC à Vancouver (Shelagh Ryan-McKnee), m'a offert de coanimer ces séances. Son aide était vraiment la bienvenue et j'ai commencé à travailler avec elle, et d'autres, à donner vie à ces séances. Nous avons créé ensemble des scénarios adaptés à la culture du MAINC pour les pratiques de coaching et nous avons discuté de l'approche à adopter. Une autre coanimatrice s'est jointe à nous, une gestionnaire énergique et expérimentée qui était en affectation CAP (Morlene Tomlinson) au MAINC. J'ai travaillé avec ces deux « dons du ciel » afin d'ajouter le récit de leur propre expérience du coaching à l'ensemble des séances et au site Web Connexion Coaching. Je voulais que les employés du MAINC voient des cadres supérieures comme elles impliquées dans le coaching. J'espérais aussi qu'elles deviennent des « mordues » du coaching!
Quelques jours avant la journée d'apprentissage, je balançais entre l'excitation et l'angoisse. Bien que flattée qu'on m'ait confié cette tâche, je doutais d'être à la hauteur. Paul Lefebvre est un coach certifié et un conteur hors pair. Il possède des années et des années d'étude et d'expérience pratique et il est vraiment en mesure d'enseigner la matière. Moi, par contre, je me sentais inexpérimentée et mal préparée. Je m'inquiétais des résultats, car mon but était d'offrir une session non seulement bonne, mais formidable.
J'entendais Paul me répéter : « Le coaching, c'est aider les autres à poursuivre leur propre réflexion, les aider à voir le monde autrement, à l'aborder sous un autre jour et, si on y arrive, à obtenir peut-être des résultats différents. Quelle est la seule chose que j'aimerais changer et qu'est-ce qui m'en empêche ou me fait penser que je ne suis pas capable? Puis le défi… Kathleen, souviens-toi de Halifax - changeons le monde!!! Prends le risque… et fonce! »
Le jour J arriva : le 17 février 2003. Je me disais : « C'est aujourd'hui que ça passe ou que ça casse. Ma réputation et ma crédibilité en dépendent. » Mais une force mystérieuse m'habitait, quelque chose de puissant et de passionné. Cette force, c'était ma croyance dans le coaching, ses pratiques et les changements qu'il peut opérer - la conviction que le coaching peut « changer le monde »… un objectif ambitieux, mais quand même réalisable. Comme on dit, qui ne risque rien n'a rien. Alors, allons-y!
Après avoir été présentée au groupe, j'ai expliqué le contexte de ce mouvement pour « mobiliser l'énergie en coaching dans la fonction publique du Canada ». J'ai parlé de la création des conseils interministériels régionaux de gestion, de la Communauté nationale des gestionnaires et de mon mentor Paul Lefebvre. J'ai remarqué que l'intérêt des participants augmentait à mesure que j'expliquais comment le leadership en coaching pouvait les aider à voir le monde d'une façon différente et à améliorer leurs talents de leader, quel que soit leur niveau hiérarchique. Je me sentais énergisée, mais un peu nerveuse en pensant à la façon d'obtenir leur participation et de capter leur intérêt, compte tenu de la complexité du sujet et du niveau de motivation personnelle nécessaire. En voyant que les participants prenaient des notes, hochaient la tête et, mieux encore, posaient des questions, je me suis complètement calmée. Je me suis sentie confiante face à mes connaissances et à mes capacités en coaching. Les mots me venaient facilement. Je me suis dit : « Ça y est. » Et, à mon propre étonnement, j'ai rencontré le coach en moi. Tout d'un coup, comme ça! La meilleure façon d'apprendre est d'enseigner. Je sentais un engagement envers mon sujet, la théorie et ceux qui étaient là pour apprendre. Enfin, je m'amusais!
Quelle expérience incroyable! Les deux séances ont dépassé mes espoirs : plusieurs participants sont venus me serrer la main et me dire que cette journée avait changé leur vie. Une femme comptait s'inscrire au programme en leadership de l'Université Royal Roads de Victoria. Un homme qui avait été récalcitrant tout au long de la présentation (comme le montraient son regard et son langage corporel) m'a dit qu'il avait vécu un moment d'illumination : subitement, tout était devenu clair pour lui et cette expérience avait transformé sa façon de penser. Une autre femme m'a dit qu'elle ne pouvait croire à quel point cette séance l'avait changée, et m'en a remerciée.
En regardant les gens quitter la salle, souriant et me remerciant, je n'en croyais pas mes yeux. Non seulement j'avais survécu, mais j'avais réussi! Je me sentais pleine d'énergie, confiante et fière de moi.
Je voulais sauter de joie et crier « Youpi! » Il n'y a pas de mots assez forts pour exprimer le grand pas que cette expérience m'a fait franchir. J'ai compris que j'avais le pouvoir, la force, la capacité et les CONNAISSANCES. Je suis capable de faire ça. J'avais pris un risque et j'avais gagné, tout comme Paul et les autres me l'avaient assuré, et je suis fière de ma réussite. Je plane encore…! Les gens me disent qu'ils ne m'ont jamais vue aussi pleine d'énergie et de vitalité. J'ai osé me dépasser et… je suis encore debout! Ce jour là, j'ai changé la vie d'au moins trois personnes, et j'en suis reconnaissante et fière.
Je me sens comme le jardinier que Paul a vu en moi … J'ai planté les semences - et elles vont maintenant pousser. J'en suis certaine!
Kathleen Keenlyside
Gestionnaire
Agence des douanes et du revenu du Canada
Recouvrement des recettes
Bureau des services fiscaux de Vancouver