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Contexte : « Le gestionnaire des opérations stratégiques »

Par Pamela Pritchard

Directeur général au gouvernement fédéral, j'ai toujours mis ma fierté, au cours de mes 32 ans de carrière, à être en service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J'étais l'as du dépannage, le parfait gestionnaire des opérations, celui qui ne disait jamais " non " - peu importe la complexité ou la gravité de la situation. Mes cellulaires, mon téléavertisseur et mon téléphone à domicile étaient toujours accessibles à quiconque devait me joindre. Pendant des années, j'ai travaillé tous les soirs et presque toutes les fins de semaine, 80 heures par semaine en moyenne. Le travail a progressivement envahi presque toute ma vie. J'étais également mêlé à plusieurs projets internationaux qui m'obligeaient à parcourir le globe. Insensé tout cela? Pour moi, c'était normal! Je me délectais de mes poussées d'adrénaline, de ma capacité d'éteindre des feux et du respect que je gagnais avec chaque victoire. Je travaillais avec une équipe extraordinaire de professionnels qui me soutenait jusqu'au bout. Tout le monde travaillait fort, mais nous étions extrêmement fiers de nos succès.

Cela dit, j'ai dû relever un certain nombre de gros défis au cours des huit derniers mois. Mon organisation a été complètement remaniée, et j'assumais deux fonctions très exigeantes : une fonction opérationnelle dans laquelle j'excellais et une fonction stratégique pour laquelle je me sentais moins qualifié.

En lunchant un midi avec un collègue et ami, je lui ai confié que je me sentais écrasé et dépassé par la tâche. Il m'a conseillé de travailler pendant quelque temps avec un coach qui m'aiderait à revoir mes priorités et à recentrer mes forces. Lui-même avait travaillé avec un coach et prétendait être devenu ainsi plus productif en déployant moins d'efforts. De fait, il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu aussi détendu et attentif. Sur sa recommandation, j'ai décidé de recourir à un coach professionnel - en l'occurrence, Pamela Pritchard.

Objectif

J'ignorais ce qu'un coach pouvait m'apporter, mais je savais que je devais changer les habitudes de toute une vie et apprendre à freiner : mon mariage, ma santé et ma carrière étaient en jeu. De plus, je m'inquiétais beaucoup de cette jonglerie avec deux rôles, et de tout ce qu'il me fallait apprendre pour bien assumer ma fonction plus stratégique. Je savais qu'en principe je n'avais qu'à gérer les spécialistes des politiques et à me fier à leur expertise, mais je ne me sentais pas à l'aise. Je devais comprendre leur monde et leur façon de penser pour bien défendre leurs décisions et travailler au nom du ministère. La courbe d'apprentissage était abrupte - mais je voulais prouver que je pouvais assumer les deux rôles tout en poursuivant mon travail international.

Je ne manquais pas de problèmes, et je me demandais comment nous allions faire pour tous les résoudre, d'autant plus qu'il semblait contre-indiqué de ralentir dans ce contexte. J'ai donc avancé prudemment, mais avec l'esprit bien ouvert.

Relation de coaching

J'ai compris immédiatement qu'il fallait que " ça clique " pour que nous puissions travailler ensemble. La première heure a donné le ton à toute notre relation. J'ai vite senti que je pouvais faire confiance à ma coach et qu'elle savait ce qu'elle faisait. Et puisqu'elle m'avait été recommandée par une personne de confiance, nous avions quelque chose en commun, et cela me rassurait.

Il y avait une chaleur et une énergie qu'il m'était difficile d'expliquer, mais je me sentais à l'aise, bien accueilli et capable de tout dire sans crainte d'être blâmé ou de paraître bizarre. Au fil des mois, j'ai sondé ces limites, mais je me suis toujours senti accepté et soutenu. De fait, j'ai constaté qu'elle pouvait m'aider pour d'autres problèmes non prévus dans le plan initial. Je sentais qu'elle se souciait de mon cas et me voyait comme une personne entière - par ses paroles mais aussi par ses actes.

Je suppose que si la chimie n'avait pas fonctionné, la coach aurait été obligée d'avoir l'honnêteté de mettre fin à la démarche. Heureusement, ça a cliqué entre nous!

Programme

J'avoue que le programme et ses objectifs m'ont paru vagues au début. Je suis un spécialiste des opérations habitué à travailler avec des processus et des lignes directrices précises, et à élaborer des plans limpides. L'idée de " ne rien faire " me semblait quelque peu irréelle, même si c'était ce que je voulais! J'ai découvert l'expression dolce far niente - la douceur de ne rien faire - qui est devenue l'une des pièces maîtresses de mes pratiques.

J'ai commencé à comprendre ce que faisait la coach : elle m'aidait à trouver des moyens de " démonter " ma vie et de la rebâtir. Il aurait été trop facile pour moi de recevoir une autre série d'exercices à faire. J'aurais trouvé le moyen de les ajouter à ma journée de travail, car l'idée de ne pas respecter un engagement m'était impensable - et rien n'aurait changé dans ma vie.

Les gestes à faire m'ont paru insignifiants au début - jusqu'à ce que j'essaie de les mettre en pratique! Par exemple, fermer mon cellulaire et mon téléavertisseur trois fois par semaine à l'heure du souper. Ça paraît insensé mais j'ai trouvé ce geste incroyablement stressant - jusqu'au moment où je me suis souvenu que mes collaborateurs avaient mon numéro à la maison! Pourtant j'ai survécu et la Terre a continué de tourner. Autre pratique : ne pas aider tout le monde au lac où nous avons une maison mobile, mais plutôt me détendre avec ma famille. Là encore, je ne demandais pas mieux, mais j'avais beaucoup de mal à le faire. Arriver au travail 30 minutes plus tard que d'habitude, faire une promenade à l'heure du lunch - tous ces actes si simples en apparence m'étaient soudain plus difficiles que de présenter un dossier à mon sous-ministre!

Ma coach me rappelait mes objectifs, me guidait à travers mes crises et m'aidait à voir la situation d'ensemble. Nous parlions souvent du modèle de transition de William Bridge, qui aide à comprendre le changement et le malaise (nécessaire) ressenti lorsqu'on apprend de nouvelles façons d'être. Je commençais à voir que mes problèmes de travail étaient liés à d'autres aspects de ma vie. Je devais faire face à cette réalité et à certaines choses en moi qui n'étaient pas toujours saines.

Après quelques mois de coaching, je suis tombé très malade. Au début, j'ai fermé les yeux sur les symptômes, mais mon organisme n'était pas d'accord. Pour la première fois de ma carrière, j'ai dû m'arrêter complètement pour prendre le temps de guérir. Ce fut une période très angoissante et frustrante.

J'ai continué de travailler étroitement avec ma coach. En apparence, le coaching avait pris une nouvelle direction. En fait, ma maladie permettait d'envisager différemment les objectifs initiaux. Je pouvais réfléchir longuement à la façon dont je voulais vivre le reste de mes jours. Beaucoup de choses m'ont paru plus claires - sans être plus faciles. L'expression dolce far niente a pris un nouveau sens. Je comprenais qu'il me fallait trouver des solutions par moi-même, car personne d'autre ne pouvait le faire pour moi.

Résultats

J'ai apporté des changements radicaux dans ma vie - des changements que je n'aurais pas cru possibles quelques mois avant, et que je n'aurais jamais faits sans coaching. La maladie seule n'aurait pas suffi à me transformer; j'aurais probablement travaillé encore plus fort pour l'oublier!

J'ai quitté mes deux postes pour devenir conseiller spécial du SMA. J'ai conservé certaines tâches internationales et je me concentre sur des projets qui m'occuperont de façon stimulante. Fait à signaler : il s'agit de projets très stratégiques qui présentent des possibilités à long terme pour moi-même et pour mon ministère.

Je ne me vois plus comme un homme d'opérations peu doué pour les grandes stratégies. Un jour, ma coach m'a demandé comment je préparais un colloque international et un plan opérationnel. Alors que je lui expliquais les subtilités du processus, et elle m'a révélé une nouvelle façon de me voir. Elle m'a invité à me considérer comme quelqu'un de très doué pour la stratégie (autrement, je n'aurais jamais pu faire le travail que je fais) autant que pour l'organisation et l'exécution. Elle m'a demandé de m'observer en action pendant quelques semaines et de noter combien de mes décisions avaient un caractère stratégique plutôt qu'urgent. C'est ainsi que j'ai découvert un tout nouvel aspect de moi-même! Mon nouveau rôle me permettra de développer ce côté stratégique sans être toujours pris par des urgences.

La transition est énorme et je suis encore dans les limbes - tantôt j'adore mon travail, tantôt je m'ennuie de mes vieilles habitudes. Mais je sais que je dois passer par des hauts et des bas pour m'adapter, tout comme mon entourage. Ça fait curieux de ne pas avoir beaucoup d'employés et un gros budget, et ce n'est plus toujours comme avant avec mon vieux réseau de collègues, mais j'apprends beaucoup, je travaille avec des gens nouveaux et j'adore ce défi. Je travaille dur, mais je me suis engagé à ne pas retomber dans mes vieilles habitudes, et j'ai un réseau de soutien. Ma famille est aux anges, et je redécouvre le plaisir de passer beaucoup de temps avec elle.

Il n'y a aucun doute que j'ai pris la bonne décision, même si c'est la maladie qui m'y a poussé. La vie m'a donné une nouvelle chance. J'ai dû arrêter ce tourbillon et renoncer à tout faire pour tous afin de me retrouver moi-même. Car c'est pour moi-même que j'ai pris cette décision. Le cliché selon lequel il y a une vie après le travail n'est plus vide de sens. Pour moi et ma famille, je réfléchis aussi à ma vie après la retraite.

Je réalise à quel point ce changement est radical. Je croyais que le coaching m'aiderait à mieux gérer mon travail pour me permettre de jouir de la vie. En fait, il m'a aidé à gérer ma vie en veillant à ce que mon travail en soit une partie - pas la totalité.

Tous les EX devraient travailler avec un coach - cela devrait même être obligatoire. Ce processus très pragmatique permet une réflexion objective qu'il nous est impossible de faire ailleurs. Le coaching améliore le rendement en mettant l'accent sur des éléments qui, avec le temps, font de nous des leaders mieux équilibrés.

Conseils pour travailler avec un coach

  • Attendez-vous à des changements et sachez que votre entourage devra s'adapter.
  • Renseignez-vous autour de vous sur ce qui vous attend; vous devez être dans l'état d'esprit qui convient.
  • Vous découvrirez probablement sur vous-même des choses que vous ne voulez pas savoir; gardez l'esprit ouvert, et tâchez de profiter du cheminement.
  • L'inverse est vrai. Vous vous découvrirez peut-être des forces insoupçonnées.
  • Vous devez accepter d'être sincère et loyal. Mettez cartes sur table sans réserve; il est trop facile d'accuser le coach en cas d'échec.
  • Prévoyez du temps pour ce travail. C'est un gros travail - simplement différent de celui dont vous avez l'habitude.
  • Ralentissez si la tâche est trop lourde, afin de travailler convenablement. N'essayez pas d'être un superhéro. Songez à vous-même et à votre perfectionnement et savourez le cheminement.
  • Bâtir la relation de coaching prend du temps. C'est un investissement. Si la chimie n'y est pas, continuez à chercher la bonne personne.