Gouvernement du Canada

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Bulletin de la CNG

Volume I, numéro 2
Février 2010

Technologies de réseautage social—une entrevue avec Jeff Braybrook

Jeff BraybrookLa CNG cherche constamment à mettre les gestionnaires en rapport les uns avec les autres et à leur trouver des modes de collaboration et d’échange des pratiques exemplaires. Pour mieux comprendre les avantages des nouvelles technologies de réseautage social, nous nous sommes entretenus avec Jeff Braybrook, directeur principal, Mobilisation de la collectivité et surveillance, Direction du dirigeant principal de l’information. Jeff dirige les efforts faits par la Direction pour élaborer des lignes directrices sur l’utilisation acceptable et appropriée du Web 2.0 et des médias sociaux qui s’appliqueront à l’échelle gouvernementale.

CNG :

Pour ceux qui ne connaissent pas la terminologie du domaine, pourriez-vous nous expliquer brièvement en quoi consistent le Web 2.0 et les médias sociaux?

JB :

Le terme Web 2.0 désigne généralement le passage d’Internet d’un environnement de publication à une plateforme participative. Les outils du Web 2.0 prennent très peu de place, sont relativement faciles à utiliser et, en règle générale, les gens peuvent y accéder et les utiliser gratuitement.

Les outils de réseautage social sont, entre autres, les blogues, les wikis et les réseaux sociaux, comme Facebook, YouTube, LinkedIn, Twitter, Flickr et Wikipédia. L’une des principales caractéristiques de ces outils est la possibilité pour les gens de partager l’information et les médias. En apposant des « balises » (ou mots-clés), d’autres personnes peuvent trouver cette information, partager une idée ou des connaissances communes et créer un groupe d’intérêt.

Le partage du savoir et le cumul des connaissances fait en sorte que ces communautés deviennent de mieux en mieux informées. Le principe est simple : « Deux têtes valent mieux qu’une ».

CNG :

Vous dites que « le Web 2.0 changera vos façons de faire ». Comment?

JB :

L’important est d’obtenir des résultats. Il faut intégrer en milieu de travail des plateformes permettant de collaborer du mieux possible, avec efficience et efficacité. Des directives ont été émises sur l’utilisation acceptable du Web 2.0 et des médias sociaux, et on cherche des moyens de travailler plus efficacement grâce à des initiatives telles que GCPEDIA, le wiki du gouvernement, visant à diffuser l’information, propager les connaissances et trouver les bonnes personnes plus rapidement, par delà les frontières séparant les régions et les ministères.

L’idée consiste à créer un emplacement où partager l’information et aider les spécialistes d’un même domaine à se trouver et à collaborer au sein de projets de consultation stratégique, de collectivités interministérielles (comme la CNG) et de communautés de pratique.

CNG :

Dans quelle mesure l’initiative du gouvernement concernant les médias sociaux appui le renouvellement de la fonction publique?

JB :

L’initiative est vraiment axée sur le renouvellement de la fonction publique et elle vise tous les employés, pas seulement les jeunes professionnels. L’utilisation des médias sociaux est plus une question d’attitude qu’une question d’âge. Ces outils sont très en demande pour simplifier l’organisation très vaste et très complexe qu’est le gouvernement du Canada.

En ce qui a trait au recrutement, les jeunes d’aujourd’hui sont très habiles avec ces outils et les voient comme des moyens de communication standard, nécessaires à la constitution de collectivités et à l’évolution des connaissances pour le compte du gouvernement du Canada qui se présente comme employeur de choix.

Le maintien en poste suppose, d’une part, de conserver les nouveaux employés (en les invitant à se joindre à leur collectivité professionnelle au travail) et, d’autre part, de préserver le savoir collectif. Ce savoir inestimable des fonctionnaires de 20 ou 30 ans d’expérience peut être plus facilement transmis dans un milieu fait de collaboration que dans leurs courriels, surtout une fois retraités.

CNG :

Pour beaucoup de gens, cela représente tout un changement de culture. Pensez-vous que la technologie guide ce changement?

JB :

Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de changements, aujourd’hui, sans outils technologiques pour les appuyer et les canaliser, mais ces deux éléments doivent aller de pair. Les médias sociaux et la culture ouverte du Web 2.0 permettent d’établir une culture faite de collaboration, susceptible d’aider les gens à collaborer plus efficacement et à trouver plus vite les renseignements dont ils ont besoin.

Cependant, tous les changements ne dépendent pas de la technologie, en particulier les changements de culture. Afin d’y parvenir, il faut des champions à tout les niveaux qui ont une vision commune, bien communiquée et persistante.

CNG :

Selon vous, quels seront les effets de ces changements sur les gestionnaires au sein de la fonction publique?

JB :

Les gestionnaires doivent apprendre à trouver un nouvel équilibre entre leur rôle de leadership et d’orientation du travail, d’une part, et l’habilitation accordée aux gens de collaborer au sein de communautés d’intérêts au moyen des wikis, des blogues et des outils de réseautage professionnels.